SECURITE NATIONALE DE LA CHINE

 

La question de Taiwan dans la sécurité nationale de la Chine

Extraits de « LA DEFENSE NATIONALE DE LA CHINE »

Collection « Que sais-je sur la Chine ? »

par Peng Guangqian - novembre 2004

 

La question de Taiwan est actuellement la question la plus pressante, la plus grave et la plus manifeste parmi les questions de sécurité nationale de la Chine.

 

 

1. La question de Taiwan est essentiellement une question de souveraineté

Taiwan et le territoire sacré de la Chine depuis les temps anciens, et elle forme une partie inaliénable de la Chine, que ce soit sur le plan historique ou légal. On peut retrouver l’histoire du développement de Taiwan par l’arrivée des ancêtres chinois venant du continent à la fin du pléistocène, il y a 30 000 ans. Dans l’exploitation et le développement de Taiwan, l’effort inlassable de générations et de générations de descendants de la nation chinoise est intégré, tout comme l’esprit national d’amélioration personnelle continue des ancêtres chinois. Dans l’antiquité lointaine, Taiwan était reliée au continent et en était la région côtière. C’est seulement en raison des mouvements de la croûte terrestre que la partie soudée s’est engloutie et a formé le détroit. On retrouve le récit des « Daoyi (les insulaires) vêtus d’herbe » dans le Yugong, un livre écrit au début de la période des Royaumes combattants, il y a plus de 2 000 ans. Les prétendus Daoyi font ici référence aux Taïwanais. Selon la Chronique des Troisroyaumes, en l’an 2 de Huanglong (230 après J.C.), Sun Quan, empereur du royaume de Wu, a envoyé les généraux Wei Wen et Zhuge Zhi avec des troupes de plus de 10 000 hommes « pour traverser la mer et conquérir Yizhou et Chanzhou », et ils ont atteint ce qui est aujourd’hui Taiwan. Selon le Chufan-chi de Zhao Rushi de la dynastie des Song du Sud, « il y a l’île maritime appelée Penghu, à Quanzhou, et cette île est sous la compétence administrative du district de Jinjiang ». Voilà la preuve que Taiwan relevait déjà de la compétence administrative du gouvernement chinois, au moins avant la dynastie des Song du Sud. En 1335, le gouvernement de la dynastie des Yuan a officiellement mis en place le « Service de patrouille et d’inspection » de Penghu, sous la compétence administrative du district de Tong-an de Quanzhou, au Fujian ; ce district administrait Penghu et Taiwan. En 1642, les colons hollandais se sont immiscés à Taiwan des mains des colons hollandais. Dans les « Instructions pour la reddition », adressées au gouverneur des colons hollandais, le général Zheng Chenggong a indiqué : « En tant que terre administrée par les Chinois depuis longtemps, Taiwan appartient à la Chine ». En 1683 (l’an 22 de Kangxi), le gouvernement de la dynastie des Qing a envoyé des troupes à Taiwan, et l’année suivante, il y a installé une préfecture et trois districts qui relevaient de la compétence administrative de la province du Fujian. Taiwan a obtenu le statut de province en 1885. En 1894, les Japonais ont lancé la guerre Jiawu. En mars de l’année suivante, ils ont occupé Taiwan, et en avril, ils ont contraint le gouvernement de Qing à signer le Traité de Shimonoseki. Durant la guerre mondiale contre les facistes, les Chinois ont combattu aux côtés des peuples du monde et ont finalement battu les impérialistes japonais. Ainsi, le 25 octobre 1945, Taiwan et les îles Penghu sont revenues dans le giron de la Chine.

Dès le 9 décembre 1941, le gouvernement chinois a fait remarquer dans la Déclaration de guerre de la Chine au Japon que « tous les traités, accords et contrats relatifs aux relations entre la Chine et le Japons seront abolis ». Dans la Déclaration du Caire, signée le 1 er décembre 1943 par la Chine, les Etats-Unis et le Royaume-Uni, on a affirmé : « il est de leur intention que …tous les territoires que le Japon avait pris aux Chinois, tels que la Mandchourie, Formose et les Pescadores, soient restitués à la République de la Chine ». Dans l’article 8 de la Proclamation de Potsdam, énoncée le 26 juillet 1945, le gouvernement japonais a, dans la première clause, expressément déclaré qu’  « il acceptera les dispositions invoquées dans la déclaration publiée le 26 juillet 1945, à Posdam, par les chefs des gouvernements des Etats-Unis, de la Chine et de la Grande Bretagne, et plus tard approuvée par l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques ». Les documents mentionnés ci-dessus, mis en œuvre en vertu du droit international, confirment à plusieurs reprises le statut légal en vertu duquel Taiwan, Penghu et les îles subordonnées font partie du territoire de la Chine. Le 1 er octobre 1949, la République populaire de Chine a été fondée ; cela marquait une alternance de régime dans un pays et non pas la fondation d’un pays différent. Le changement de régime d’un pays souverain n’a aucun effet sur la souveraineté de ce pays sur l’ensemble de son territoire. Le 5 janvier 1950, le président Truman des Etats-Unis a publié un rapport sur la question de Taiwan ; dans celui-ci, on affirme que « Taiwan a été retournée à la Chine », et les Etats-Unis « réclament de la société internationale qu’elle respecte l’intégrité territoriale de la Chine ». Le même jour, lors d’une conférence de presse, Acheson, secrétaire d’Etat des Etats-Unis, a également indiqué « Que Taiwan devienne une province de la Chine, personne n’a jamais soulevé le moindre doute là-dessus ». Le 25 octobre 1971, la XXVI° Assemblée générale de l’ONU a adopté la résolution n° 2758 en vertu de laquelle le statut légitime de la PRC au sein de l' O.N.U et de toutes les organisations, est recouvré, et le statut légal de Taiwan, en tant que région inaliénable du territoire de Chine, est de nouveau pleinement affirmé par la société internationale. Bien que la question de Taiwan ait pris une envergure internationale, elle est essentiellement une affaire intérieure de la Chine. Résoudre la question de Taiwan relève pleinement du domaine de la souveraineté de la Chine.

 

 

2. La question de Taiwan joue un rôle central dans la stratégie contemporaine de sécurité nationale de la Chine

La question de Taiwan ne s’apparente pas à des intérêts ordinaires et partiels de la Chine ; c’est une question d’importance centrale qui se rapporte aux intérêts globaux, centraux et suprêmes de la nation chinoise en matière de survie et de développement à l’ère de la mondialisation ; elle a également trait à la sécurité ou au danger, à la prospérité ou au déclin, à la gloire ou à l’humiliation de la nation chinoise, de même qu’à la grande revitalisation de la nation chinoise en ce siècle.

Tout d’abord, que la nation chinoise sauvegarde l’unité nationale et la solidarité ethnique n’est pas une poursuite politique momentanée ou un choix politique ordinaire. C’est plutôt une conscience aiguë de l’histoire qui a été cultivée depuis les milliers d’années de l’histoire chinoise ; un sentiment national qui st fermement enraciné dans le riche terreau de la civilisation chinoise cinq fois millénaire ; une psychologie sociale suprême et une valeur essentielle dont ont hérité toutes les générations de la nation chinoise ; et le cœur et l’âme de l’excellente tradition culturelle de la nation chinoise. Même depuis la dynastie des Qin, alors qu’un pays multiethnique unifié était fondé et qu’un nouveau siècle de grande unification allait se déployer dans l’histoire de la Chine, la doctrine de l’unification tenait déjà une position dominante dans la vie politique et le sentiment national de la Chine. L’unification est considérée comme la « voie habituelle empruntée par l’univers et l’éthique générale régissant toutes les époques ». C’est le lien spirituel qui, contre vents et marées, soude la grande famille chinoise ; c’est aussi la force puissante qui assure la survie de cette nation multiethnique malgré les désastres. Bien que l’histoire de la Chine ait connu quelques courtes périodes d’administrations gouvernementales séparées, l’unification a toujours été le courant principal du développement historique de la Chine. Chaque courte période de régime séparé s’est terminée par la réunification. Et l’unification durait alors de plus en plus longtemps, à une échelle de plus en plus grande et à un niveau de plus en plus élevé. Nous pouvons même dire que les gens désirent encore plus ardemment et appellent davantage à l’unification en période de régime gouvernemental séparé. Pendant la courte période d’un régime séparé, les parties concernées ne considèrent pas ces régimes comme une situation normale. Ils ne cherchent pas une telle situation de manière fixe et à long terme ; au contraire, ils en contestent le statut légitime et demandent au pouvoir dominant de rétablir l’unification. Le docteur Sun Yat-sen, grand précurseur de la révolution démocratique de la Chine, a fait remarquer que l’ « unification est l’espoir de tous les citoyens de la Chine. L’univers suivra docilement ce que les gens désirent ». Dans la culture chinoise, la pensée de la « grande unification », ressemblant à un phénomène de polymérisation, est complètement différente de la pensée occidentale de régimes séparés, basée sur la scission. Personne n’a le droit d’entacher ou de profaner cette pensée, car elle représente l’affection profonde de la nation chinoise, ancrée au cœur du peuple, et qui s’est enracinée de génération en génération. Elle représente aussi le concept de la nation chinoise de se tenir ensemble à la vie à la mort et de partager le bonheur et le malheur.

Deuxièmement, Taiwan sert d’avant-poste et de barrières maritimes de défense pour la côte de la Chine du Sud-Est, et elle garde le centre de communications des routes maritimes du Pacifique Ouest ; le continent et Taiwan se sont toujours entourés et protégés réciproquement et ont conduit attaques et défenses comme un tout.

En tant que porte maritime de la Chine, Taiwan avoisine les îles Ryukyu au nord-est ; elle fait face aux Philippines à travers les détroits de Bashi, de Balintang et de Babuyan au sud ; elle se trouve à une distance de 130 km du Fujian à l’ouest ; et elle est située au centre du chapelet d’îles constitué par les îles Aléoutiennes, les îles du Japon, les îles des Philippines et les îles indonésiennes dans le Pacifique Ouest, ainsi qu’au point ouest le plus près du continent de ce même chapelet d’îles. Elle est l’une des zones stratégiques du Pacifique Ouest et a toujours été appelée la « clef du Nord-Est », la « barrière de sept provinces de l’arrière-pays » et la « porte au sud ». Taiwan ne peut pas vivre sans le continent. Sans appui du vaste pays de 9,6 millions de km², Taiwan , seule en mer comme une simple île, ne peut que devenir la proie des puissances et répéter le rôle tragique de colonie qu’elle a jouée dans le passé. De même, le continent ne peut pas non plus perdre Taiwan. Si elle tombait dans les mains d’ennemis étrangers et d’une puissance séparatiste, Taiwan perdrait sa fonction de barrière, laissant la porte grande ouverte vers le continent, la profondeur de la défense stratégique maritime étant soudainement perdue et le système de défense maritime, démoli ; mais, en plus, Taiwan deviendrait un tremplin et une tête de pont pour les ennemis étrangers lors de leurs attaques du continent et un « porte-avions insubmersible » qui menacerait la sécurité du continent chinois. Evidemment, le gouvernement et le peuple chinois ne peuvent laisser aucune place pour quelque compromis que ce soit sur cette question importante concernant la sécurité de l’Etat.

Troisièmement, Taiwan agit comme un pivot stratégique dans la marche de la Chine vers le monde dans l’ère de la mondialisation, et elle forme un espace stratégique indispensable dans la revitalisation de la nation chinoise. Que la nation chinoise ait maintenu une position prépondérante dans la civilisation mondiale pendant une longue période historique est imputable surtout à l’unification du pays et à la solidarité des différentes nationalités. Ce n’est qu’en soutenant l’unification que des conditions appropriées peuvent être créées pour les communications et l’intégration entre les différentes nationalités et régions ; d’ailleurs, c’est ainsi que les diverses ressources seront allouées plus rationnellement et utilisées efficacement, rendant possible le développement social et la prospérité nationale. Les célèbres « régime de Wenjing », « paix de Zhenguan » et les « périodes de prospérité pendant le règne des empereurs Kangxi et Qianlong », aussi bien que l’ouverture de la route de la Soie et du Grand Canal sont attribuables à l’unification nationale. Le monde actuel enregistre une transformation sociale évidente au sein de laquelle toutes les nations sont confrontées à une vive concurrence pour la domination stratégique du nouveau siècle. Il n’y a que les forces unificatrices qui pourront rassembler toute la nation chinoise afin qu’elle relève le défi de l’époque. La séparation ne peut avoir pour conséquence que la vaine dilapidation des précieuses ressources de l’Etat, la perte regrettable de possibilités de développement, et finalement, la perte de la position que la nation chinoise mérite au sein de la structure stratégique internationale du nouveau siècle. Plus particulièrement, la ôte sud-est de la Chine est une ligne essentielle’ au développement du pays. Advenant la chute de Taiwan, sous la commande de forces séparatistes ou d’ennemis étrangers, le couloir stratégique de cette ligne serait bloqué. Ainsi, non seulement de grands secteurs du territoire maritime et des ressources océaniques le long de la côte de la Chine du Sud-Est seraient raflés par d’autres, mais également la ligne du commerce extérieur, la ligne de transport externe et la ligne de transport de l’énergie, dont dépend l’essentiel de la vie économique et de l’ouverture sur l’extérieur de la Chine, seraient entièrement contrôlées et menacées par des forces hostiles. Le continent serait alors complètement enfermé dans l’espace limité à l’ouest du premier chapelet d’îles du Pacifique et transformé en un pays semi enclavé, relativement isolé du monde extérieur et déplorant son inadaptation face à l’océan Pacifique. Cette situation marquerait la fin du développement économique des régions côtières du Sud-Est, et l’espace stratégique nécessaire à la revitalisation de la nation chinoise serait également comprimé et étouffé. Le redressement et la revitalisation pacifiques de la nation chinoise ne seraient réduits qu’à un simple espoir visionnaire.

En conclusion, la question de Taiwan n’est pas la question de Taiwan elle-même, mais une question liée à la stabilité de la situation stratégique globale, et la Chine ne la traitera jamais à la légère.

Depuis la fondation de la Chine nouvelle, il y a plus d’un demi-siècle, la puissance nationale globale a augmenté, en faisant preuve d’une tendance incontestable vers une croissance pacifique. Cependant, le développement pacifique de la Chine n’est pas bien accueilli par tous. Il y a toujours quelqu’un qui cherche à procéder à un endiguement stratégique de la Chine au moyen de la question de Taiwan et à retarder le processus de développement du pays jusqu’à ce qu’il se démantèle comme l’ex-Union soviétique. Depuis un certain temps, alors que le monde est de plus en plus inondé par les trois forces du mal que sont le terrorisme, le séparatisme et l’extrémisme, les mouvements pour l’ « indépendance de Taiwan », l’ « indépendance du Tibet » et l’ « indépendance du Turekestan oriental » s’associent ouvertement les uns aux autres et agissent avec malveillance en collusion, affichant une tendance marquée vers une internationalisation et une violence accrues et les activités armées. Ces mouvements travaillent d’arrache-pied pour effectuer une percée sur la question de Taiwan et provoquer par la suite un effet domino au Tibet, au Xinjiang et partout en Chine, ce qui mènerait éventuellement à la dissolution de la Chine.

 

 

3. Le principe de base du gouvernement chinois pour le règlement de la question de Taiwan : « réunification pacifique et un pays, deux systèmes »

Pour le règlement le plus hâtif possible de la question de Taiwan et la réalisation de la réunification pacifique de part et d’autre du détroit de Taiwan, le gouvernement chinois déploie depuis longtemps de grands efforts, et il a élaboré le principe de base de « réunification pacifique et un pays, deux systèmes », ce qui reflète sa très grande sincérité à propos de la paix et ses sentiments de parenté envers les compatriotes à Taiwan.

Quand au milieu des années 1950, dans un effort pour détendre la situation de part et d’autre du détroit, le gouvernement chinois a proposé de tenir des entretiens avec les Etats-Unis, il a proposé au Guomindang de tenir des entretiens bipartites et d’encourager le règlement pacifique de la question de Taiwan. En janvier 1956, Mao Zedong a encore avancé des politiques telles que « la valeur de la paix surpasse tout le reste », « tous les patriotes appartiennent à une famille, peu importe qu’ils se rassemblent tôt ou tard à la cause commune », et ainsi de suite. En 1963, Zhou Enlai a résumé ainsi les politiques du PCC sur le règlement de la question de Taiwan : « un lien principal et quatre éléments ». Un lien principal signifie que Taiwan doit être réunie à la Chine. Pour leur part, les quatre éléments se rapportent à ce qui suit : d’abord, après la réunification de Taiwan avec la patrie, tous les pouvoirs militaires et gouvernementaux et arrangements personnels seraient remis à Tchang Kaï-chek, sauf le pouvoir diplomatique qui doit être placé sous le contrôle unifié du gouvernement central. En second lieu, tout déficit dans les dépenses militaires, administratives et de construction économique serait épongé par le gouvernement central (à ce moment-là, le déficit annuel de Taiwan était d’environ 800 millions $US). Troisièmement, les réformes sociales de Taiwan pourraient être remises à plus tard : c’est seulement quand les conditions seraient mûres et que les avis de Monsieur Tchang seraient adoptés avec respect et que des consultations seraient conduites que l’on pourrait procéder à de telles réformes. Et quatrièmement, ni l’une ni l’autre des parties ne devrait envoyer d’agents secrets ou faire quoi que ce soit qui puisse nuire à l’unité de l’autre partie. A plusieurs reprises, Mao Zedong a indiqué que si les autorités de Taiwan conservaient Taiwan intacte, ne serait-ce qu’une seule journée, et ne lui permettaient pas d’être séparée de la Chine, le continent ne changerait pas ses politiques relatives à Taiwan. Nous pouvons dire qu’« un lien principal et quatre éléments » étaient la forme embryonnaire du principe de « réunification pacifique et un pays, deux systèmes ».

Le jour de l’An 1979 , le Comité permanent de l’Assemblée populaire nationale (APN DE LA RPC a publié un Message aux Compatriotes de Taiwan, lequel énonçait solennellement la politique fondamentale du gouvernement chinois concernant le règlement pacifique de la question de Taiwan. Ce message invitait aussi les deux rives du détroit de Taiwan à mettre un terme aux confrontations militaires et à entamer des négociations. De plus, le message indiquait que, tout en réglant la question de la réunification, la situation de Taiwan devait être prise en considération, le statu quo de Taiwan et les avis des divers groupes de Taiwan devaient être respectés, et des mesures raisonnables et justes devaient être adoptées afin d’éviter que les gens de Taiwan n’aient à souffrir. Le message réitérait la position des autorités de Taiwan d’alors à persister dans le principe d’  « une seule Chine » et à s’opposer à l’ « indépendance de Taiwan » ; de même, il affirmait que le maintien d’une telle position constituait la base et la position communes pour la coopération entre les deux rives du détroit. Le 30 septembre 1981, à la veille du 70 ème anniversaire de la Révolution de 1911, Ye Jianying, alors président du Comité permanent de l’APN, a prononcé un discours ; il a détaillé systématiquement les neuf principes de la réunification nationale. Les points principaux de ces politiques sont les suivants : le Guomindang et le PCC devraient tenir des entretiens sur une base réciproque et coopérer pour la troisième fois ; des liaisons postales, commerciales et de transport directes (ci-après désignées sous le nom de « trois liaisons directes ») devraient être mises en place à travers le détroit, et des échanges scolaires, culturels et sportifs devraient être déployés ; après la réunification de la nation, Taiwan, à titre de région administrative spéciale, profiterait d’un niveau élevé d’autonomie et maintiendrait ses forces armées ; les systèmes économique et social existants à Taiwan, la façon de vivre des gens, ainsi que les liens économiques et culturels de la région avec les pays étrangers resteraient inchangés, et la propriété privée, les maisons, les terres, la propriété d’entreprises, de même que les droits légitimes d’héritage et d’investissement étranger ne seraient pas enfreints ; après la réunification, les autorités de Taiwan et les représentants de divers milieux de l’île occuperaient des positions de direction au sein des institutions politiques nationales et participeraient à l’administration de l’Etat ; les gens de Taiwan pourraient entrer sur le continent, s’y déplacer et en sortir en toute liberté ; les gens d’affaires de Taiwan seraient bienvenus d’investir sur le continent, et leurs droits légitimes et leurs bénéfices seraient sauvegardés ; et les personnalités de divers milieux seraient bien accueillies pour discuter ensemble des affaires de l’Etat.

Le 11 janvier 1982, Deng Xiaoping a précisé que les neuf principes proposés au nom de Ye Jiangying pourraient réellement se résumer en une politique, celle d’ « un pays, deux systèmes » et que, sous la conditions préalable que le pays réalise la réunification, Taiwan pourrait pratiquer le capitalisme, alors que la partie principale du pays resterait sous le régime socialiste. En décembre 1982, la cinquième session de la Vème assemblée populaire nationale a adopté la Constitution de la République Populaire de Chine ; son article 31 stipule que

«le pays peut, au besoin, mettre en place une région administrative spéciale, et les systèmes adoptés dans cette région peuvent être décidés par l’Assemblée populaire nationale (APN) sous la forme d’une loi s’accordant aux conditions concrètes ». Le passage « mettre en place une région administrative spéciale » dans cet article revient à pratiquer la politique d’ « un pays, deux systèmes ». Cela prouve que le principe « un pays, deux systèmes » a été enchâssé dans la Constitution, la loi fondamentale de la Chine, et qu’il a de ce fait une garantie légale. Le 26 juin 1983, Den Xiaoping a exposé davantage le concept de la réunification pacifique de Taiwan avec le continent, et il a réitéré que le point crucial était la réunification nationale. La réunification pacifique ne signifie pas que le continent absorbera Taiwan ni ne signifie que Taiwan absorbera le continent. Après la réunification, Taiwan, à titre de région administrative spéciale, pourra pratiquer un système social différent de celui du continent, et elle bénéficiera de ses propres pouvoirs législatifs et du droit d’adjudication sur l’île ; le droit de jugement final n’aura pas besoin d’être à Beijing. Taiwan pourra également garder ses propres forces armées, à condition qu’elles ne constituent pas une menace pour le continent. En juin 1989, le communiqué de la quatrième session plénière du XIII° Comité Central du PCC a solennellement annoncé : « Depuis la troisième session plénière du XI° Comité central du PCC, nous avons mis de l’avant la politique de la réunification nationale pacifique et avons proposé le concept d’ « un pays, deux systèmes ». Ceux-ci sont nos politiques de base ». Le 30 janvier 1995, Jiang Zemin, alors président de la Chine, a prononcé un discours important intitulé : « Continuer d’œuvrer à la réunification de la Chine ». Dans ce discours, il a élaboré plus avant sur le principe de « réunification pacifique et un pays, deux systèmes », et il a présenté huit propositions sur le développement des relations de part et d’autre des deux rives du détroit de Taiwan et la réunification pacifique de la Chine à l’étape actuelle. Ces huit propositions développent davantage le principe de base de « réunification pacifique et un pays, deux systèmes ».

Le principe de base de « réunification pacifique et un pays, deux systèmes » est un système complet de politiques dont la connotation fondamentale s’enrichit et se développe sans cesse, de pair avec la pratique en développement continu. Voici les points de base de ce système de politiques.

 

1) Une seule Chine. Il n’y a qu’une seule Chine dans le monde, et le continent et Taiwan appartiennent à la même Chine. On ne doit jamais permettre que la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Chine aient à souffrir de division. Nous nous opposons résolument à toute tentative ou action que ce soit visant à s’attaquer à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de la Chine. Le statut de Taiwan, en tant que partie inaliénable du territoire chinois, est sans équivoque et ne peut être changé, et il ne peut y avoir aucun fondement justifiant le recours à un référendum pour décider quelque affaire d’autodétermination que ce soit.

 

2) Coexistence de deux systèmes ; Après la réunification, sous la condition préalable du principe d’une seule Chine, le continent pratiquera le socialisme, tandis que Taiwan pratiquera le capitalisme. Les deux systèmes coexisteront pendant longtemps et se développeront côte à côte, sans que l’un absorbe l’autre. Le système socio-économique actuel de Taiwan, son mode de vie, tout comme ses liens économiques et culturels avec les pays étrangers pourront demeurer inchangés. La propriété privée, y compris les maisons et la terre, tout comme la propriété d’entreprises, l’héritage légitime et les investissements étrangers et des Chinois d’outre-mer dans l’île seront tous protégés en vertu de la loi.

 

3) Degré élevé d’autonomie. Après la réunification, Taiwan deviendra une région administrative spéciale. Elle sera distincte des autres provinces ou régions de la Chine par son degré élevé d’autonomie ; elle sera différente également des régions administratives spéciales de Hongkong et de Macao. Elle bénéficiera des pouvoirs exécutif, législatif et juridique indépendants, y compris celui de l’adjudication finale. Elle administrera ses propres affaires partisanes, politiques, militaires, économiques et financières. Elle pourra signer des accords commerciaux et culturels avec des pays étranger et jouir de certains droits dans les affaires étrangères. Elle pourra conserver ses forces militaires, et le continent n’enverra ni troupe ni personnel administratif sur l’île. D’autre part, les représentants du gouvernement de la région administrative spéciale et ceux de différents milieux de Taiwan pourront être nommés à des postes supérieurs dans le gouvernement central, et ils participeront au fonctionnement des affaires nationales.

 

4) Négociations de paix . Pour réaliser la réunification nationale au moyen de négociations de paix, le point clé consiste à résoudre les problèmes par voie de négociations. Les négociations pour la réunification pacifique de part et d’autre du détroit peuvent être effectuées par étapes. Dans la première étape, les deux parties peuvent négocier pour mettre un terme officiel à la situation d’hostilités de part et d’autre du détroit et conclure un accord sur le sujet. Sur cette base, les deux parties partageront les obligations de sauvegarder la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Chine et de planifier le développement futur des relations entre elles. Sous la condition préalable de respecter le principe d’une seule Chine, tout peut être négocié. Par la consultation sur un pied d’égalité, nous pouvons instaurer un mécanisme de confiance mutuelle et établir de concert le cadre d’un développement pacifique et continu des relations entre les deux parties. Nous pouvons également résoudre correctement la question de la marge de manœuvre de la région de Taiwan dans l’environnement international, d’une façon qui correspond à son statut international, et partager la dignité de la nation chinoise. La grande cause de la réunification de notre partie sera finalement accomplie par la conduite par étapes de négociations de paix.

Le principe de base de « réunification pacifique et un pays, deux systèmes » est une décision stratégique importante prise par le PCC et le gouvernement chinois, basée sur les conditions réelles de la nouvelle période. Afin de réaliser la coexistence pacifique à long terme, dans l’intérêt fondamental de la nation chinoise et sur la base commune du sentiment national, de l’intérêt national et de l’honneur national, ce principe vise à rechercher les points communs de « tous les patriotes appartenant à une famille » et la revitalisation de la Chine, tout en mettant de côté les différences dans les systèmes sociaux et idéologiques. Non seulement il indique pleinement la foi et la résolution inébranlables concernant le maintien de la dignité nationale et la confirmation de la souveraineté de l’Etat et de l’intégrité territoriale, mais aussi il reflète la flexibilité et la créativité stratégiques en tenant compte des intérêts de toutes les parties, en mobilisant tous les facteurs positifs possibles et en transformant les forces de résistance en forces d’assistance. Par conséquent, la ligne directrice de base de « réunification pacifique et un pays, deux systèmes » est la meilleure solution pour la question Taiwan.

 

 

4. Insister sur la réunification pacifique sans renoncer à l’utilisation de la force

Il est avantageux de réaliser la réunification par une approche pacifique sans recourir aux armes, afin de concentrer toutes les ressources stratégiques pour mettre en place une société de relative aisance, pour garantir les sentiments harmonieux des compatriotes de l’autre rive du détroit, ainsi que la prospérité et la stabilité à long terme de Taiwan après la réunification, et pour maintenir la paix et la stabilité dans la région Asie-Pacifique. Le Parti Communiste, le Gouvernement et le peuple ne renonceront jamais à leur effort de réaliser la réunification nationale par des négociations pacifiques et ne changeront jamais leur volonté sincère de travailler au développement pacifique de part et d’autre du détroit, de pair avec leurs compatriotes de Taiwan. Néanmoins, tout en faisant de notre mieux pour réaliser la réunification pacifique, nous ne renoncerons jamais à l’utilisation de la force. D’une part, c’est une question de souveraineté d’Etat. C’est sans contredit une affaire intérieure de la Chine, et c’est l’approche qui doit être prise pour régler la question de Taiwan. Le gouvernement chinois a le droit de décider de résoudre cette question par tous les moyens qu’il juge nécessaire, y compris les moyens militaires, mais sans se sentir obligé de renoncer à l’utilisation de la force envers les forces séparatistes de Taiwan ou les forces internationales antichinoises. Aucun pays n’a le droit de s’ingérer dans la question de Taiwan, car c’est purement une affaire intérieure de la Chine. D’autre part, le règlement de la question de Taiwan est une considération stratégique. Etant donné que les forces internationales antichinoises essaient toujours d’entraver et de compromettre la grande cause de la réunification de la Chine, que les autorités de Taiwan la contestent depuis longtemps et que les diverses forces séparatistes intérieures et extérieures à Taiwan tentent toujours de séparer Taiwan de la Chine, nous ne nous lierons pas les mains et les pieds. Si nous le faisions, nous nous empêcherions plutôt d’accomplir de bon gré le règlement pacifique de la question de Taiwan. Deng Xiaping a souligné : « Nous devons nous rappeler de ceci et la prochaine génération de même. C’est une considération stratégique ». Cette considération a particulièrement été mise en évidence, car depuis que Li Teng-hui et Chen Shuibian ont pris le contrôle du pouvoir politique dans la région de Taiwan, ils ont obstinément favorisé la ligne séparatiste de l’ « indépendance de Taiwan » et mis de l’avant la prétendue théorie de « deux Etats et un pays sur chaque rive », s’acquittant énergiquement du mouvement de « désinisation ». Sous le chapeau de la « démocratie », ils créent de l’opposition entre différents groupes ethniques, attisent les sentiments hostiles à l’encontre du continent parmi les habitants de l’île, prônent le prétendu « djihad » contre le continent et poursuivent avec acharnement leur programme d’ « indépendance de Taiwan » - tenir un référendum, élaborer une nouvelle constitution, fonder un Etat ». En attendant, les autorités de Taiwan n’hésitent pas à acheter à prix fort de l’armement moderne, comme des missiles guidés, des avions et des bateaux, sous le prétexte de « frappes préventives et de frappes de rétorsion », « mener une campagne décisive en dehors du territoire » et « mener une guerre pour écrire une Constitution et fonder un pays ». Ils essayent en vain de contester la réunification et d’atteindre leur objectif maléfique de l’ « indépendance de Taiwan » et de la séparation.

Taiwan est confrontée au risque concret d’être séparée de manière permanente du territoire sacré de la Chine. Les actions séparatistes de Li Teng-hui, de Chen Shui-bian et de leurs semblables menacent non seulement gravement la paix et la stabilité de part et d’autre du détroit, ainsi que la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Chine, mais aussi la paix et la stabilité de la région Asie Pacifique. Face à une situation si adverse, le gouvernement chinois et les 1,3 milliards de Chinois doivent garder un niveau de vigilance élevé. C’est en raison des forces séparatistes prônant l’ « indépendance de Taiwan » et des forces d’ingérences extérieures, et non à cause des compatriotes de Taiwan, que nous refusons de renoncer à l’utilisation de la force.

En effet, l’ « indépendance de Taiwan » signifie la guerre, et la séparation signifie la perte de paix. Si, en désespoir de cause, les autorités de Taiwan courent le danger et fomentent quelque activité séparatiste marquante que ce soit pour l’ « indépendance de Taiwan », le gouvernement et les Chinois ne ménageront aucun effort pour démanteler résolument et complètement la conspiration séparatiste de l’ « indépendance de Taiwan ». Il en va de même de l’intérêt fondamental des Chinois et de l’intérêt commun de toutes les nations de la région Asie-Pacifique de contrer les activités séparatistes de l’ « indépendance de Taiwan », de favoriser la réunification pacifique de part et d’autre du détroit et de sauvegarder la paix et la stabilité dans le détroit de Taiwan. Toute force externe qui se placera dans une position hostile par rapport aux 1,3 milliards de Chinois, s’ingérera dans les affaires intérieures de la Chine et soutiendra les activités séparatistes des forces de l’ « indépendance de Taiwan » ne pourra que laisser tomber sur son propre pied la pierre qu’elle aura soulevée. Les Chinois ne laisseront jamais cette force réussir sa tentative maléfique. Aucune force ne pourra jamais retenir la Chine dans sa marche vers l’accomplissement de la grande cause de la réunification nationale.